6 novembre 2025 | #Conseils et astuces

Photos dans l’article : Anika Danielle Wagner

Faire la fête en fauteuil roulant : les expériences de Felize

Berlin. Le Berghain est pour beaucoup un lieu presque mythique — célèbre pour sa porte impitoyable et les innombrables histoires qui l’entourent. Aussi exclusif qu’il puisse être pour la plupart, pour Felize Fiedler, utilisatrice de fauteuil roulant, il représente un espace où l’inclusion est réellement vécue. Dans cet article, nous plongeons dans ses expériences personnelles en club, en festival et en concert. Elle parle des obstacles qu’elle rencontre encore, des moments où les concepts inclusifs fonctionnent, ainsi que du rôle des technologies modernes comme le Scewo BRO, qui lui apportent autonomie et liberté lorsqu’elle sort.

Les barrières en contexte festif

Quand les obstacles gâchent l’expérience.

Pour des personnes en fauteuil roulant comme Felize, sortir faire la fête demande souvent une planification minutieuse. Lors de festivals ou de concerts, des barrières physiques et organisationnelles déterminent fréquemment l’expérience. Le déplacement jusqu’au lieu peut déjà être compliqué, notamment lorsque les navettes ne sont pas accessibles. Sur place, les sols irréguliers, les marches ou encore les toilettes accessibles trop éloignées compliquent la mobilité et la participation active — des problèmes qui pourraient être évités grâce à des concepts mieux pensés.

« Un événement réussi, pour moi, c’est quand je peux m’amuser et me sentir comme une personne parmi les autres », explique Felize. Pourtant, même certaines mesures censées favoriser l’inclusion peuvent produire l’effet inverse. Les plateformes pour fauteuil roulant offrent certes une bonne vue, mais isolent aussi les personnes en fauteuil du cœur de l’action. On peut même s’y sentir « placé·e à part », raconte Felize.

Des bouteilles posées négligemment sous son fauteuil ou des personnes qui demandent si elles peuvent y déposer leur veste montrent que la sensibilisation doit encore progresser. Felize aborde cependant ces situations avec humour et glisse en souriant : « Un crochet intégré, ce serait peut-être une idée à transmettre à l’équipe design de Scewo. »

Quand les concepts d’inclusion fonctionnent vraiment

Ce que le Berghain fait bien.

« L’inclusion et la diversité signifient pour moi offrir à chacun les meilleures conditions pour participer aux événements », dit Felize. Cela ne peut fonctionner que si les personnes ayant des besoins spécifiques sont intégrées au processus d’organisation et si les organisateurs font preuve d’ouverture en explorant de nouvelles approches inclusives.

Pour elle, le Berghain montre comment l’inclusion peut réussir lorsqu’elle est prise au sérieux. Des toilettes accessibles, des ascenseurs entre les étages et des pistes de danse sans obstacles permettent une véritable participation. Plus important encore à ses yeux : l’attitude des gens sur place. « C’est peut-être à cause de la sélection stricte à l’entrée et de la politique anti-téléphone, mais j’ai l’impression que là-bas, chacun peut être soi-même — ou même endosser un autre rôle le temps d’une nuit. »
Au Berghain, tout tourne autour de ce qui rassemble : la musique, la danse, l’expérience partagée. Et elle ajoute en riant : « Ce qui se passe au Berghain reste au Berghain. »

Scewo BRO

Le fidèle compagnon de Felize.

Le fauteuil roulant monte-escaliers Scewo BRO accompagne Felize partout lorsqu’elle sort. Grâce à lui, elle peut se déplacer de manière totalement autonome et confortable entre les étages ou sur les sites de festival. Le siège élévateur intégré fait pour elle une énorme différence au niveau social : « Il me met simplement à la hauteur des autres ; je n’ai plus besoin d’être tout devant pour voir quelque chose. » Être à hauteur des yeux change non seulement son vécu, mais aussi la manière dont les autres la perçoivent.

Avec BRO, elle n’a besoin de personne pour la pousser, ni d’ascenseurs qui risquent de ne pas fonctionner. La fonction monte-escaliers lui permet de franchir marches et escaliers spontanément — même si elle avoue que cela demande toujours un tout petit peu de courage.

L’attention suscitée par BRO fait désormais partie de son quotidien, que ce soit dans les rues de Berlin ou le soir en club. Les gens s’arrêtent, posent des questions, s’émerveillent devant son design futuriste. « Un jour au Berghain, quelqu’un m’a même demandé si mon fauteuil était doté d’une IA », raconte-t-elle.
Pour Felize, BRO est depuis longtemps bien plus qu’un fauteuil roulant : c’est un compagnon fiable qui lui offre liberté, spontanéité et pleine participation.

Le courage d’être visible

Osez davantage !

Que l’on le souhaite ou non, en fauteuil roulant on attire parfois les regards, explique Felize. Mais ce n’est pour elle aucune raison de se cacher — bien au contraire. « Être différent ne signifie pas devoir se dissimuler. » Elle souhaite encourager d’autres personnes en fauteuil à être présentes, visibles, et à ne pas se laisser freiner par la peur d’éventuels obstacles. « Osez davantage ! » dit-elle. La visibilité est, selon elle, une condition essentielle pour que la société évolue.

Aux organisateurs d’événements, Felize adresse un message clair : ouverture d’esprit et volonté d’innover sont indispensables pour une inclusion réelle. « Soyez ouverts, adoptez un état d’esprit agile. Créez des espaces qui ne nous donnent pas l’impression d’être des citoyens de seconde classe, et concevez des environnements qui nous permettent d’être réellement au cœur de la foule. »
Une véritable inclusion ne repose pas seulement sur des rampes ou des plateformes, mais sur le dialogue, la conscience collective et le courage de remettre en question le statu quo. Ou, comme elle le résume : « un peu plus d’ouverture et la volonté d’échanger activement avec les personnes concernées. »

Enfin, elle conseille aux personnes concernées de ne pas se laisser décourager. Une bonne préparation peut aider — un coup d’œil préalable au lieu, une éventuelle personne accompagnante, des itinéraires accessibles. Même si tout n’est pas parfait, ce qui compte avant tout pour elle, c’est l’expérience :
« Au fond, la vie est faite pour être vécue. Et n’est-il pas pire de regretter ce qu’on n’a pas osé faire par peur ou par doute ? »

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